Plateau Avijl

 
 

PRESSE 2015

Des arbres protégés abattus illégalement à Uccle
La commune a fait abattre plusieurs arbres du Plateau Avijl… Sans permis et en pleine période de nidification

Il y a plusieurs semaines, les services communaux de l’échevin de l’Urbanisme, Marc Cools (MR), ont abattu une dizaine d’arbres. Jusque-là rien de très intéressant. Sauf que les arbres en question se trouvaient sur le Plateau Avijl, c’est-à-dire dans une zone verte protégée, et que les employés n’avaient pas demandé le moindre permis pour abattre les feuillus en question. Circonstance aggravante : les faits se seraient produits, le 28 avril dernier, c’est-à-dire pendant la période de nidification durant laquelle un tel abattage est interdit.

Marc Cools soutient, lui, que la coupe a eu lieu au mois de mai mais reconnaît les faits.

Cet abattage illégal à passablement agacé le chef des Ecolo locaux, Thibaud Wyngaard, qui a interpellé sur la question Marc Cools, lors du conseil communal de jeudi dernier. "C’est complètement délirant ! Il nous dit que ces arbres se trouvaient à la lisière et pas tout à fait sur le plateau. On n’a pas du tout la même notion de lisière", s’est emporté le conseiller communal écologiste. "La commune met en garde les Ucclois sur la période de nidification, mais ne respecte pas elle ses propres consignes !", a-t-il encore Ajouté.

Si l’Echevin Liberal n’est pas tout à fait d’accord sur le timing des faits rapporté par Ecolo, il n’en reconnait pas moins que l’abattage n’aurait jamais dû avoir lieu. "Il y a eu une faute", admet Marc Cools. Pour autant, selon lui, ce ne serait pas une dizaine d’arbres mais un ou deux vieux cerisiers, et une haie, qui auraient fait les frais des ouvriers de son service. "Ce sont des arbres qui gênaient le passage des ouvriers venus sonder le sol en vue de la construction des 50 logements publics", at-il expliqué. Avant de déplorer, sur un ton agacé, lui aussi, "toutes les procédures lourdes lorsqu’il s’agit d’une zone protégée, même pour changer une clôture".
 
  SOURCE : dh   THOMAS JULIEN - 31.05.2015
15 sites ucclois pour Natura 2000
Fin de l’enquête publique

La Région bruxelloise rattrape petit à petit son retard sur la désignation des sites Natura 2000. Ce mercredi 15 avril s’est terminée l’enquête publique sur les zones boisées et ouvertes au sud de la Région, plus précisément sur le territoire d’Uccle.

Pour rappel, une zone Natura 2000 n’est pas une réserve naturelle au sens strict où toutes les activités humaines en seraient exclues. Celles-ci doivent s’intégrer au réseau Natura 2000, sans porter atteinte à celui-ci. L’Europe a attendu dix ans pour la concrétisation des propositions bruxelloises.

En effet, les trois sites ont été désignés en 2003. La Région était alors la première en Belgique à transposer la directive « Habitats » dans un arrêté du gouvernement. Cela ne permettait cependant pas la désignation. Il fallait une ordonnance.

En 2004, l’ancienne ministre de l’Environnement, Evelyne Huytebroeck (Ecolo), s’attelle à la création d’une législation qui débouche sur un avant-projet en 2008. Après plusieurs versions, l’ordonnance aboutit au parlement bruxellois en janvier 2012 et est adopté. Cela permit le développement du réseau naturel à travers le Plan nature.

Le premier arrêté de désignation est finalement émis par la nouvelle ministre de l’Environnement, Céline Fremault (CDH), en mars dernier.

En tout, une centaine de remarques ont été formulées par les habitants et les associations en charge de la protection de la nature qui se sont réjouies de ces avancements.

Pour cette première zone, les procédures ont été simplifiées car tous les espaces étaient situés à Uccle. La zone comprend quinze sites comme le bois de Verrewinkel, la vallée du Buysdelle, le marais du Moensberg, le Kauwberg, le parc Fond’Roy, Engeland ou le domaine Papenkasteel.

Les associations environnementales ont profité de la fin de l’enquête publique pour rappeler le besoin de nature des citadins. Elles font également le constat que l’ensemble des zones protégées forme une mosaïque d’habitats diversifiés mais dont les superficies sont très restreintes. Elles demandent d’être attentif à la cohérence du réseau et au maintien de couloirs écologiques suffisants pour la bonne conservation des sites et des espèces protégés. Elles espèrent qu’une trame verte puisse ultérieurement intégrer les zones qui participent au maillage vert. Elles voudraient ainsi que le plateau Avijl, l’ancienne propriété Delvaux ou encore les bocages de l’institut Pasteur fassent l’objet de plans de gestion même s’ils ne sont pas reconnus comme une zone Natura 2000.

A présent, Bruxelles-Environnement va examiner le cas de deux dossiers précis de personnes qui disposaient de terrains constructibles dans la zone. Viendront ensuite les avis du Conseil supérieur de la nature, du Conseil de l’environnement et du collège d’Uccle. Un bilan sera effectué dans les 45 jours pour déboucher sur une note au gouvernement bruxellois. Après la seconde lecture, le Conseil d’Etat rendra son avis et renverra la note pour un troisième passage devant les ministres. La zone d’Uccle devrait devenir officiellement Natura 2000 en octobre.
 
  SOURCE : LE SOIR   vanessa lhuillier - 18-19.04.2015
Natura 2000 : l'Europe tance les régions et veut des résultats
C’est une demande qui remonte à 1992. Cette année-là, l’Europe souhaite que des zones naturelles soient protégées ainsi que les espèces qu’elles abritent. C’est le réseau Natura 2000. En Wallonie, il recouvre 13% du territoire. Pourtant, après 25 ans, le chantier Natura 2000 n’est toujours pas terminé et l'Europe menace.

A ce jour, seulement 57 sites sur 240 répertoriés sont régis par un arrêté de la Région wallonne. La Région qui a lambiné. C’est l’avis que soutient Lionel Delvaux d’InterEnvironnement Wallonie. On a attendu deux législatures avant de le mettre en place et de l'initier en Région wallonne, explique-t-il. Ensuite, il y a eu des soucis en terme de gouvernance. Donc ça fait deux éléments qui participent à retarder l'ensemble du processus.

Une longue enquête publique...
3ème élément : l’enquête publique. Elle a soulevé près de 18.000 remarques qu’il a fallu gérer. Pour le ministre responsable de la protection de l’environnement, René Collin, c’était en soi une phase longue et indispensable. Je veux qu'on travaille sérieusement, qu'on réponde à chacune et à chacun, déclare le ministre. Il y a les agriculteurs qui sont impactés, il y a le travail en forêt. On doit respecter l'environnement, on doit le protéger. Mais, précise René Collin, on doit aussi le faire en conservant une activité économique durable.

... mais aussi de la négligence
Reste que l’on n’a sans doute pas pris la mesure du travail au moment où il est arrivé sur la table et qu’aujourd’hui, on met les bouchées doubles pour conclure. Dans un an, le dossier devrait être bouclé, selon le ministre. Et il vaudrait mieux ! Lassée d’attendre, l’Europe signale que certains sites, vulnérables, se sont déjà dégradés. Et elle met Belgique et Wallonie en demeure de terminer rapidement un chantier qui aurait dû se clôturer il y a 4 ans. Faute de quoi, elle menace de réclamer des explications devant la Cour de Justice Européenne.

La région bruxelloise tarde aussi à préserver sa biodiversité
La commission européenne vient d'ailleurs de la tancer par l'intermédiaire d'une mise en demeure. La région n'a toujours pas désigné les zones Natura 2000 alors que ces sites doivent être protégés par les états pour maintenir l'habitat et les espèces menacées. Elle aurait pourtant dû le faire il y a plus de 4 ans.

Cette négligence n’est pas sans conséquence. La commune de Boisfort est située en lisière de la Forêt de Soigne. Mario Ninane, naturaliste et président de l'association Bruxelles-Nature, pointe une énorme friche occupée par une faune et une flore très intéressantes. "C’est devenu une grande pelouse en synthétique où il n’y plus ni merle ni pigeon qui vient se poser. On a perdu en biodiversité."

Mario Ninane est convaincu que, si les zones Natura 2000 avaient été désignées en temps et en heure, cette friche n'aurait jamais pu être transformée en terrain de rugby synthétique. Il dénonce le manque de plan de gestion : "On nous invoque qu’il n’y a pas de plan de gestion et qu’il n’est pas interdit de construire. Donc on perd de plus en plus des petits morceaux à gauche à droite."

Trois zones naturelles considérées comme les plus menacées avaient été proposées à la commission européenne en 2002 : la Fôret de Soignes, le Verrewinkel-Kinsendael à Uccle, le Bois du Laerbeek et ses alentours à Jette. Or, depuis que la commission les a approuvé en 2004, les gouvernements bruxellois successifs n'ont jamais concrétisé ces zones natura 2000. Mario Ninane soupçonne "des intérêts financiers, des problèmes de démographie, du lobbying … C’est évident que les dernières réserves foncières et les dernières friches sont très convoitées par les promoteurs immobiliers."

La nouvelle ministre de l'environnement espère que la première zone à Uccle sera définitivement arrêtée au mois d'octobre. Il faudra attendre 2016 pour les deux suivantes.
 
  SOURCE : RTBF   CARL DEFOY et pierre vandenbulcke - 08.04.2015

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